France Télévisions et la publicité


La semaine dernière, je parlais de la décision unilatérale de M. Sarkozy de supprimer la publicité dans le service public audiovisuel, c’est-à-dire sur France Televisions (voir : une taxe de plus !).

J’ai alors abordé le fait que cette suppression des recettes marquerait le début d’une nouvelle taxe sur les accès à Internet et la téléphonie mobile. En plus, une taxe sur les recettes publicitaires serait prélevée dans les réseaux privés.
Dans les différentes analyses, on parle beaucoup de cette taxe pour les chaînes privées, on parle peu de la taxe sur Internet et la téléphonie mobile. Finalement, seule la question du financement est posée. C’est vrai que cette question est importante car de la réponse dépendra la survie de France Télévisions.

Malgré tout, une autre question n’a pas été abordée et semble tout aussi importante : qu’en est-il du côté des annonceurs ?

Aujourd’hui, il est très coûteux de communiquer à travers la télévision. Seules les grandes enseignes peuvent se permettre de tels investissements. TF1, France 2, France 3, Canal+ et M6 représentent les meilleurs points de visibilité et proposent donc les espaces publicitaires les plus chères.

Alors, si France 2 et France 3 venaient à disparaître du marché de la publicité, on pourrait s’attendre à deux conséquences :
– La visibilité des enseignes serait mécaniquement réduite d’au moins 2/5 (soit 40%). Au moins 2/5 mais le chiffre est certainement plus grand car dans les 5 chaînes citées précédemment, Canal+ connaît des périodes de la journée sans publicité. On peut dire alors que la visibilité serait presque réduite de moitié.
– S’il y a moins d’espaces publicitaires disponibles, le prix de la minute augmentera. Alors, l’investissement sera encore plus important pour l’annonceur. Les enseignes qui pourront communiquer à la télévision seront encore moins nombreuses de ce fait.

Au final et pour résumer, cette décision pourrait entraîner :
– La mort du service public et France Télévisions.
– Une taxe pour les internautes et les utilisateurs de téléphone portable.
– Une taxe pour les chaînes privées (Mais ces dernières verraient aussi leurs bénéfices multipliés).
– Une hausse du prix de la minute de publicité pour les annonceurs et donc une difficulté d’accès à la communication par la télévision.

Tout ceci sachant que si le service public meurt, il sera privatisé. Alors, la publicité pourra réapparaître.
De là à penser que cette réforme aurait pour but la mort du service public, il n’y a qu’un pas. . .


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